C'était un professeur magnifique et je n'ai jamais oublié la moue dédaigneuse de ses lèvres lorsqu'il récusait d'une seule phrase une de nos interprétations. Il me guérit à jamais du comparatisme le jour où, ayant à commenter à voix haute devant lui et mes condisciples un passage de Rabelais, j'évoquai stupidement Bergson, que j'avais à peine lu. Le dédain de sa célèbre moue se fit carrément dégoût: 'Mon petit, Rabelais ne connaissait pas Bergson.

Claude Lanzmann


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